david in winter

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mardi 8 mars 2016

Femme : juste place de cette créature

    

 Dans sa grande sagesse, M. Etat a décrété un certain nombre de journées de, par exemple du topinambour ou du fourmilier tamanoir, durant lesquelles journées tout un chacun est sommé de célébrer les mérites du topinambour etc., lui demander très-humblement pardon pour l'avoir jadis (et par la méchanceté d'anciens aïeux) discriminé et s'empresser de lui accorder faveurs, privilèges et bisous.
   Ce jour d'aujourd'hui est donc journée de , non de la paramécie ou de l'orang-outan, mais de la  femme.
    Rappelons donc quelle place revient dans l'ordre de la nature aux représentantes du sexe imbécille.  
   Nous le ferons en citant ce bon saint Paul qui, dans sa première épître aux Corinthiens (chap. XI) , énonce ces vérités (révélées, et éternelles) :
   "Mais je veux encore que vous sachiez que Jésus-Christ est le chef de l'homme, que l'homme est le chef de la femme, & que Dieu est le chef de Jésus-Christ. (...)
   "Parce que l'homme n'a pas été tiré de la femme, mais la femme a été tirée de l'homme.
   "Et l'homme n'a pas été créé pour la femme, mais la femme a été faite pour l'homme." (traduction du R.P. Denis Amelote, prêtre de l'Oratoire, docteur en théologie)
    Je ne doute pas que, en ce moment même, ces nécessaires préceptes ne soient diffusés en boucle sur tous les écrans de télévision, d'ordinateurs et de téléphones.

   P.S.-Merci à Michel L. pour m'avoir incité à relire saint Paul.

mardi 1 mars 2016

Modeste proposition pour la paix religieuse

  

    On sait que, le 19 février 1715, le roi Louis XIV, d'heureuse mémoire, accorda en son palais de Versailles une audience solennelle à Mehemet Riza Beg, ambassadeur extraordinaire du roi de Perse, et que les mauvaises langues, dont M. le duc de Saint-Simon, dénigreur obsessionnel du grand Roi,  suivi de  M. de Montesquieu dans ses spirituelles et fielleuses Lettres persanes, affirmèrent que cet ambassadeur n'était qu'un imposteur dont le souverain français fut la naïve dupe, et que le traité de commerce alors signé entre les royaumes de France et de Perse n'eut aucun effet.
    Ce sont là de misérables, et de la part de ces deux auteurs, habituelles, calomnies.
    Dans un excellent ouvrage, Une ambassade persane sous Louis XIV (Paris,1907) que je viens d'acquérir et lire, M. Maurice Herbette établit, en utilisant les archives des Affaires étrangères,  la réalité de la qualité d'ambassadeur de Mehemet Riza Beg (et des effets bénéfiques du traité de commerce) et publie en appendice à son récit diverses pièces justificatives.
    Parmi celles-ci figure, traduite par l'interprète de l'ambassadeur de France à Istanboul, M. Padéry, la Lettre du Roi de Perse Hussein à Louis XIV, qui débute par de délicieux compliments odorants et parfumés, et dont j'extrais ces lignes:
     "Le grand empereur [Louis XIV] dont l'esprit est si éclairé n'ignore pas, sans doute, que les Arméniens (...) sont obligés de payer à notre trésor un tribut afin de pouvoir conserver leur religion en paix sans être inquiétés" ( je rappelle que les Perses étaient mahométans et les Arméniens chrétiens).
    Ce texte me fit réflèchir.
    J'ai en effet appris par les gazettes que, d'une part, les caisses de M. Etat sont aujourd'hui fâcheusement vides, et que, d'autre part, des turbulences nées de divergence de religions troublent la paix de notre vieille patrie gauloise.
    Il ne me fallut guère de temps pour que s'imposât à mon esprit une solution élégante pour remédier, grâce à un simple édit, à ces deux soucis.
    Il suffit d'établir une religion d'Etat (au hasard, la religion catholique, apostolique et romaine) puis de faire payer un tribut (mettons, de dix à trente pour cent de leurs revenus) à tous les fidèles d'autres religions ( mormons, mahométans, scientologues, shintoïstes, etc.) pour qu'ils puissent pratiquer librement leur culte et, si les rentrées s'avéraient insuffisantes pour les besoins de M. Etat,  la mesure pourrait être étendue aux divers hérétiques (nestoriens, anabaptistes, calvinistes, sociniens, ariens etc.).
    Et voici le Trésor s'emplir et  la tolérance règner, tandis que d'irritantes dissenssions cédent la place à une fraternelle harmonie.
    Ne suis-je pas un digne héritier des bienfaisants philosophes des Lumières?

    PS.- L'ambassadeur  Mehemet Riza Bey était un individu aussi arrogant que malpoli, et le récit de son voyage en France, suite d'étonnants incidents, est fort divertissant.